Point de vue | Epargne, Rendement, Stratégie 07/12/2016 | 6:00

La rémunération du fonds garanti en euros va continuer de marquer le pas cette année, en raison de la faiblesse des taux sur les marchés obligataires. Cela ne nous a pas empêché de diversifier nos actifs obligataires en allant chercher davantage de rendement notamment grâce à des prêts hypothécaires, des prêts infrastructures ou des prêts directs aux PME et ETI. Pour l’avenir nous sommes sereins et protégés d’une éventuelle hausse des taux.

Les fonds garantis en euros sont de véritables paquebots qui sont moins sensibles aux variations des marchés qu’une Sicav ou un FCP. Ils ont surtout cette particularité d’offrir la garantie du capital qui y est déposé, à tout moment. L’assureur s'engage donc, quelque soit le moment où vous retirez votre argent, à vous rendre au moins votre investissement, majoré des intérêts engrangés chaque année. Cette garantie explique notre gestion financière si particulière sur le fonds garanti en euros. Nous devons avoir une gestion prudente puisqu’à tout moment nous sommes susceptibles de rendre leur épargne à nos assurés.

Or, les obligations sont, parmi les actifs financiers disponibles, ceux qui nous permettent de respecter au mieux nos engagements. Avec une obligation, vous pouvez anticiper ce que vous allez percevoir tous les ans (le coupon et son remboursement au terme), si l’émetteur ne fait pas défaut. Le profil de flux financiers est stable et cela nous donne une certaine visibilité à moyen long terme, un peu symétrique à celle que nous donnons à nos clients. C’est la raison pour laquelle les portefeuilles des assureurs sont majoritairement investis en obligations. L’actif général d’AXA France dédié aux produits d’assurance-vie comporte par exemple dans les grandes lignes 80% de produits de taux (dont environ 40% d’obligations d’entreprise et 40% d’obligations d’état), 10% d’immobilier, 6% d’actions et 4% d’autres actifs divers.

Compte tenu de la part investie en obligations, le comportement de cette classe d’actifs est déterminant dans le rendement payé chaque année du fonds garanti en euros. Depuis 30 ans, les taux de marché baissent, entrainant la performance du fonds en euros dans leur sillage. Cette année, les marchés sont allés encore plus loin avec des taux parfois bien inférieurs à 1%, notamment sur les obligations souveraines de l’Etat Français. Notre portefeuille obligataire affiche aujourd’hui un rendement moyen compris en 3,5% à 4%, parce qu’il est composé d’obligations anciennes achetées quand les taux étaient beaucoup plus élevés. Mais une partie de ce portefeuille obligataire se « renouvelle », chaque année, nous devons en effet réinvestir sur le marché obligataire, les coupons qui nous sont distribués par les titres en portefeuilles, les remboursements d’obligations ou de prêts, les nouveaux investissements nets des rachats de nos clients, etc. Environ 10% de notre portefeuille obligataire est donc réinvesti tous les ans et cette année, à des taux bien inférieurs proches de 1,50% (obligations souveraines, financières et « corporate »). Ces réinvestissements à taux bas diluent progressivement la performance globale de notre portefeuille obligataire, et par extension la performance du fonds garanti en euros. La part investie en actions, permet, quand les marchés sont bien orientés, de gagner quelques points de performances dans la mesure où nous distribuons régulièrement une partie de leurs plue-values générées à moyen-long terme. Cette année, les actions contribueront très peu à ce réservoir de plus-values, les performances n’ayant pas été au rendez-vous sur les marchés européens. La poche investie en immobilier proche de 10% apporte, elle, une très bonne visibilité et une récurrence des résultats grâce aux loyers reçus des baux à moyen et long terme, et elle permet d’effacer une partie de la baisse sur les obligations. Malgré tout, au final, les taux de rendement de l’actif général en euros devraient continuer de baisser en 2016.

Cette baisse attendue, liée aux conditions de marché, nous a encouragé à diversifier davantage notre poche obligataire. Nous avons orienté une partie de nos investissements sur des prêts hypothécaires par exemple, sécurisés par des actifs immobiliers (en cas de problème nous récupérons l’actif immobilier sous-jacent qui est revendu) et plus rémunérateurs de l’ordre de 150 à 200 points de base (1,50% à 2% de mieux) que les actifs obligataires classiques. La réglementation nous permet depuis peu de faire directement des prêts aux PME et ETI. Nous en avons profité. Cette classe d’actif est normalement plus risquées que les obligations classiques, mais l’expertise de nos équipes de gestion, sélection et d’analyses spécialisées, nous permet de faire les bons choix et de « sourcer » les meilleures opportunités et donc, au final, de générer un surcroit de rendement tout en limitant le risque de défaut de l’émetteur. Enfin, nous avons également investis dans les prêts aux infrastructures : nous prêtons directement à l’acquéreur d’un projet d’infrastructure (autoroutes, etc.), moyennant une rémunération plus élevée, là aussi de 150 à 200 points de base par rapport aux obligations classiques, mais avec un risque très maitrisé.

Après nous être illustrés en mai dernier dans le désengagement de nos investissements dans l’industrie du tabac, nous confirmons également dans ce secteur notre positionnement d’assureur santé et investisseur responsable. Nous avons en effet remporté fin octobre le premier Prix pour notre analyse des risques climatiques au sein de nos investissements décerné par le ministère de l’environnement. Ceci fait écho aux initiatives prises sur le désinvestissement des sociétés dont plus de 50% du chiffre d’affaire est généré par des activités liées au charbon ou qui ont un mix énergétique composé à plus de 50% de charbon. Et bien sûr à tous nos travaux sur le développement de mesures de l’intensité carbone et la généralisation de l’utilisation de l’analyse ESG (environnemental, sociétal et gouvernance) pour tous nos portefeuilles d’actifs. Enfin, la contribution de nos investissements à la transition énergétique et notre engagement pris dans la perspective de la COP21 de tripler nos investissements verts à horizon 2020.

Notre Fonds garanti en euros est, de par son pilotage et les strategies d'investissement qui y sont développées, solide et sera des plus compétitifs dans la durée.

Pour l’avenir, nous sommes sereins. Même si les taux restent bas pendant encore 12 à 18 mois à cause du quantitative easing (programme d'achat d'obligations de la banque centrale européenne), ceci grâce notamment aux stratégies de diversification évoquées. Et nous sommes armés pour faire face à une remontée des taux ensuite.

Notre Fonds garanti en euros est, de par son pilotage et les strategies d'investissement qui y sont développées, solide et sera des plus compétitifs dans la durée.

Pascal Christory, Directeur des investissements

©W. Beaucardet